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Nadir BOUMAZA, travaux, réflexions, action

Avertissement
Les dates affichés des textes sont celles du telechargement de textes anciens et récents, très divers. Il sera complété en temps possible.

Ce blog propose au plus large public les textes scientifiques, littéraires et militants de Nadir BOUMAZA, Universitaire, spécialiste de la ville, du territoire, des sociétés maghrébines et française, auteur de poèmes et nouvelles, homme d'action à la recherche de modes de transformation inspirés de l'expérience, de travaux et réflexions sociologiques et d'une importante expérience de la psychanalyse.

Nadir BOUMAZA est né en Algérie, pays de beauté, de tourment et vérité, à Miliana, petite ville du centre ouest, refondée par Ibn Ziri au Xème siècle, dans une famille de vielle souche citadine, d'ascendance mélangée aussi bien chérifienne que Kouloughlie que locale,  économiquement appauvri par l'histoire classique des famillles algériennes de la période coloniale, il a bénéficié là de l'héritage plurimillénaire des territoires set paysages méditerranéens et des cultures métissées et hyper-localisées.

Son itinéraire personnel est constitué de l'attachement total à l'Algérie et au Maghreb comme à la France qu'il a appris à aimer à partir de l'expérience douloureuse d'une colonisation violente et discriminatoire, dans une vision humaniste et culturelle constituée principalement dans la région grenobloise.

Il réfléchit aujourd'hui aux manières possibles de reformer par le bas et de construire de nouvelles cultures du rapport espace / société et une histoire nouvelle des relations nord-sud. Il est inspiré en cela par des penseurs et humanistes comme Françoise CHOAY, Pierre RABHI, Alberto MAGNAGHI, Abelmalek SAYYAD, Pierre BOURDIEU, Jean Pierre VERNANT, André RAVEREAU. Il se rattache de lui même aux entreprises intellectuelles de  ses amis Fethi BENSLAMA, psychanalyste, spécialiste de l'Islam, Abdesslam CHEDDADI, historien, traducteur de Ibn Khaldun, Nouredine SAADI, écrivain, et autres refondateurs - reconstructeurs de la place des sociétés dites musulmanes  dans l'horizon de l'homme.

Nadir BOUMAZA s'inscrit en France, dans des démarches de rupture avec ce qui fait politiquement  "système". Il estime que les changements positifs exigent une démarche critique à l'échelle de la société entière afin que l'innovation, le contact intergénérationnel et interculturel et la prime à la créativité économique, sociale et culturelle l'emporte sur la gestion des rentes de situation et le corporatisme.

Il accorde pour tout cela la priorité à la formation de jeunes générations intellectuelles.

Formé initialement à l'histoire et à la géographie, dans le contexte de l'Algérie nouvellement indépendante, Nadir BOUMAZA a suivi les enseignements des intellectuels de grande facture, amis de l'Algérie, chrétiens militants, communistes et autres anticolonialistes, ou jeunes enseignants algériens expérimentant une sortie du statut colonial du "Musulman",  ou de l'Européen d'Algérie, restés sur leur terre. Il rend ainsi hommage à ses aînés, philosophes,sociologues, philologues, économistes, juristes, politistes, historiens.

Parmi eux, plus particulièrement, Paul Albert FEVRIER, historien de l'Afrique romaine, archéologue, humaniste chrétien, René Gallissot, Historien du mouvement ouvrier, Assia DJEBBAR, Geneviève AUJAC, Yvonne TURIN, Charles DUFOURQ, Pierre ESTORGES, géographe,  Maurice BENCHETRIT, Pierre BOURDIEU, Georges LABICA, Albert TIANO, Jean Claude VATIN, Abdelmadjid BENCHEIKH, et bien d'autres ont constitué une histoire forte de la pensée critique du système tel que marqué et dominé par la colonisation, proposant une nouvelle relation des rapports nord-sud et une nouvelle relation entre Orient et Occident.
Dimanche 4 janvier 2009

Fleurir le monde

Resterons-nous encore immobiles devant nos téléviseurs
Quand une poignée de vautours ivres de pouvoir
Sèmeront la mort en notre nom aux quatre coins de la terre
Comme si la vie n’était plus qu’une marchandise à leur solde ?

Aujourd’hui NON rime avec liberté

Extrait de vœux de paix de Elaine AUDET

 22 février 2003


En ces temps difficiles de guerre sur Gaza et de crise financière, il nous faudrait

Plus de lumière,

Plus  d ‘air,

de l’utopie,

de la détermination et ..

de réflexion, bien sûr.

Formulons déjà quelques vœux et rêvons si nous le pouvons.


Du réel bien réel tirons la belle leçon :

Puisque un rêve est devenu réalité, rêvons encore, rêvons bien plus

pouvions nous rêver de ce chant collectif américain qui a transformé l’histoire

un noir à la maison blanche

nommé Barak,

grandi en Afrique au pays de la fracture du monde 

le monde avancera peut être mieux peut être moins vite

il ne fera pas ce que nous voulons qu’il fasse

mais il faut y croire puisque cela est arrivé




– du fond de la forêt, l’espoir

L’Afrique va mal, l’Afrique souffre encore et toujours plus 

le Congo encore, le Libéria hier, le Darfour toujours

et ce coup d’Etat en Mauritanie

Torturée, blessée et meurtrie l’Afrique trouvera son chemin

Dès demain, la brousse verdira, le désert fleurira,

Du fond de la forêt, l’espoir jaillira



4- Vous ne le saviez peut être pas :

Vous constaterez en 2009 que suite à un accord étonnant et inattendu, le Maroc et l’Algérie décideront de se lier par un traité d’amitié.   la question du Sahara sera réglée par un statut transitoire de région autonome au sein du Maroc dans une perspective d’autonomie à l’intérieur de la future Union Maghrébine,  un programme de réinsertion des réfugiés sera mis en place avec enthousiasme et permettra à des dizaines de milliers de familles de se retrouver,  les dépenses militaires des deux pays seront transformées en dépenses d’investissement dans l’eau et la recherche scientifique, l’achèvement de l’autoroute Tunis Rabat sera programmé pour 2012 , une liaison maritime quotidienne sera mise en place sous forme de cabotage de Sfax à Casablanca , un programme de développement durable concernera les régions sahariennes, les montagnes, les littoraux et toutes les régions fragilisées du Maghreb. De nouvelles andalousies se dessinent ainsi

5 vous ne savez peut être pas non plus que...

Un mouvement social et culturel de réforme de l’islam référé à Ibn Rochd (Averroes) est dans les cartons secrets de plusieurs gouvernements et de la Ligue arabe. Cela tient à des travaux et découvertes récentes qui ont montré concrètement que l’islam a été une religion tolérante avant le 12ème siècle et que la philosophie dominante de longs siècles a été faite de l’ouverture au monde, de la traduction des textes grecs, de l’apprentissage et de l’emprunt par le voyage . On nous prépare ainsi, même pour l’Arabie qui ne s’appellera plus « saoudite »  des programmes de développement de l’enseignement scientifique de l’histoire de l’islam à l’échelle de l’ensemble du monde arabo musulman.  Des réformes du droit et de la justice vont modifier radicalement les systèmes actuels jugés inefficients et indignes de la tradition et de l’histoire de l’islam.

On prévoit ainsi la multiplication de partis politiques et de mouvements culturels et sociaux qui devraient être dominés par trois grands courants politiques et moraux, la démocratie musulmane, le réformisme et l’utopie concrète.


6 – Encore une future bonne nouvelle :

dans ce mouvement général comme vous l’imaginez , le problème palestinien est en train de se régler et l’épisode que nous vivons aujourd’hui apparaîtra très vite comme la manifestation ultime et agonisante du système de domination du « parti » militaro sioniste sur la scène israélienne. Ce sont en effet des forces plus profondes qui sont en train de remonter à la surface pour faire triompher les valeurs constituées en Israël même par la leçon de la shoah, la puissance de la pensée de Spinoza et de Maïmonide, l’expérience de l’échange   judéo-arabe en Palestine et en Israël et nous allons assister à une véritable révolution aussi surprenante et inattendue que la chute du mur de Berlin.  Très bientôt va exister un Etat Palestinien que les intellectuels et pacifistes du monde entier iront visiter et découvrir en séjours culturels intégrant les lieux saints des trois religions, un état cosmopolite ouvert sur le monde, membre de la Ligue arabe, allié d’Israël, partenaire de l’Europe dont les ressources principales sont les NTC , le tourisme, le droit et les affaires, la communication, l’agriculture biologique. Ce même Etat devrait constituer une Union palestino-israelienne dont on attend un rôle majeur dans la dynamisation et la modernisation de la région Afrique du Nord Moyen Orient auquel devraient se rattacher les pays de la zone sahélienne


7- Que de bouleversements en perspective !!!

En France et en Europe, la crise financière et économique devrait prendre une tournure gravissime dans quelques mois  mais on remerciera très vite les traders intelligents et les banquiers spéculateurs d’avoir accéléré la mort  du système politique actuel dans lequel experts et classe politique clientélisatrice s’arrangent pour tout verrouiller par les normes, la réglementation et l’expertise froide. Sarkozy devrait dissoudre et modifier le calendrier électoral et l’on se demande s’il ne sera pas ainsi emporté. De nouvelles formations politiques devraient émerger des coalitions étonnantes de forces sociales et politiques. Mais c’est aussi et surtout à l’échelle européenne que des bouleversements son attendus par la remise des experts eurocrates à leur place et par l’application du suffrage universel en de nombreux domaines selon des techniques de management très créatives et impulsives de la démocratie locale.


8 – avec quelques certitudes en situation d’incertitude généralisée

Vous verrez donc avec ces 7 certitudes, que la prise de fonction de Barak OBAMA dynamisera les forces du changement et qu’il appartiendra à tous les acteurs du monde de mieux jouer et de mieux faire avancer les causes de la justice, de la paix, de la redistribution des richesses, du respect des hommes, de la durabilité, de l’espérance.


Soyons ensemble donc

Et pour mieux faire encore, voyons nous et échangeons plus souvent, cultivons nos jardins et restons à l’écoute de nous même, de la force des cultures et de la discrétion des fleurs.


Nadir BOUMAZA

le premier de l’an deux mille neuf

Par Nadir BOUMAZA - Publié dans : Actualité
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Jeudi 11 décembre 2008

« des pierres, des fleurs et, de l’amour … ! bien sûr  »

Poèmes de Nadir BOUMAZA

accompagné de peintures de Rachid NACIB,  Editions Dalimen ALGER , 186 p.

 

Nadir BOUMAZA (en français) Peintures de Rachid NACIB, et ad d. poèmes de Ferhat Djellab (en arabe)

 

« La poésie est à la peinture ce que le chant est à la musique

Elles sont ici associées pour laisser divaguer les âmes épuisées

Elles suggèrent que les fleurs soient plantées et arrosées

D’entre les pierres si souvent oubliées

 

Elles demandent aux enfants de sourire encore

Pour désarmer leurs parents et leurs voisins

Et donner quelque entrain aux humains fatigués (..)

 


Un « beau livre » couverture cartonnée, quadrichromie


non disponible en France,
Vous pouvez l'acquérir (25 euros  frais d’envoi comprischez (prix auteur)
nadirboumaza@hotmail.com

Sommaire

Prologue

Tu te glisses …aussi loin, absente

A peine posée ma main

Joyeuse

Ta nuit nomade

Tu te retournes et puis, souris au passant venu

Ajax

Mes mots…si pauvres

 

Dialogues I

Ode à  Chahrazade

           

Dialogues II

Il me restera les pierres et les fleurs

            Comme ces hommes fréquemment émêchés

            La mer océane

            La roche mère.. qui fat la terre

            Mes pierres blanches qui pensent

Mon aloès s’est penché

Dialogues III

Fleur altière

Epilogue

Je voyagerai

            Je voyagerai

Ma tête égarée enivré

Car il y a les fleurs

La lune froide d’hiver se couche en s’entrelaçant de mots

Le cassé bleu est merveilleux

            Graine d’origine

La terre rouge est rouge

« le cassé bleu est merveilleux » en hommage à Nicolas de Staël

Belle Ithaque

 

 

 

Nombre d’exemplaires très limité : L’ouvrage n’est hélas  pas diffusé en France par l’éditeur Dalinene ALGER

 

Il peut être acquis auprès de l’auteur

Commande : nadirboumaza@hotmail.com ou bien à Grenoble

Achat à Grenoble : chez AKTIS Architecture 4 cours Berriat, tel 0476473424  (auprès de Nora)

A Pertuis et Aix en Provence , Chez Nadir BOUMAZA, 266 RUE Paul CEZANNE, 84120 Pertuis

 

Ouvrage publié  l’occasion d’Alger, Capitale de la culture arabe, décembre 2007,  couverture cartonnée, quadrichromie

Nadir BOUMAZA a publié territoires du désir,  éditions bleues 1996 Grenoble, épuisé et plusieurs textes poétiques dans des revues.

 

 

Des présentations peuvent être faites par Nadir BOUMAZA et Rachid NACIB comme celle de Grenoble (KARKADE, café égyptien, le 13 novembre  avec Nadir BOUMAZA ) à l’initiative de clubs, associations, bibliothèques.

 


Par Nadir BOUMAZA - Publié dans : Poésie
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Lundi 31 mars 2008

 

Lettre à un ami qui m'a envoyé un diaporama dénonçant les atrocités israéliennes commises sur les Palestiniens

Cher ami,

Pourquoi ne pas rêver d’un Etat palestino-israélien ou israélo-palestinien ?

 

Les images que tu m'as envoyé, cher ami, montrent la réalité atroce de la politique de l'Etat d'Israël. Elles doivent être montrées et cette politique doit être dénoncée. Mais il faut cependant empêcher les amalgames et ne pas faire le jeu de ceux qui utilisent la question palestinienne pour faire avancer leur propagande et leur stratégie de conquête du pouvoir par le terrorisme et par la terreur idéologique, morale et physique.

La question palestinienne est des plus importantes priorités politiques et morales.

La situation des Palestiniens est l’un des graves  scandales du Vingtième siècle et de ce début du vingt et unième siècle. La communauté internationale est aujourd’hui convaincue de la justesse des revendications palestiniennes, de leur droit à un Etat et de la gravité de la situation ainsi que de la responsabilité de l’Etat d’Israël et des Etats unis même si le discours de Georges BUSH et la propagande israélienne tentent de faire croire que ce sont les islamistes ou les terroristes qui empêchent la construction d’une paix et d’une solution justes et durables.

Cependant, pour que la paix advienne un jour et dans les meilleurs délais, il est indispensable que la cause palestinienne soit bien défendue et ce ne sont pas les instrumentalisations islamistes qui la feront avancer bien au contraire. Et cela ne fait que prolonger l’histoire du soutien arabe et « musulman » aux palestiniens. Ce soutien a été et demeure indispensable tout autant que celui de tous les démocrates et amis de la paix, de la liberté et des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce soutien a également retardé et compliqué la structuration du mouvement national palestinien. Il a souvent fait le jeu des forces militaro-sionistes qui ont toujours réussi à orienter le projet israélien dans des directions ségrégationnistes,  discriminatoires et dominatrices dans l’esprit du grand Israël en faussant notamment le positionnement du mouvement national palestinien. Celui-ci a redéfini ses positions tout comme le font beaucoup de Palestiniens des territoires et en exil lorsqu’ils développent les liens avec les pacifistes, les démocrates et les forces  antimilitaristes et alternatives à l’alliance entre le Likoud et les travaillistes de Shimon Peres.

Ne pas faire le jeu de l’islamisme terroriste et faciliter l’évolution des islamistes pacifistes

J’ai nommé à, propos des images de la répression israélienne contre les Palestiniens, l'islamisme guerrier et autoritaire.

Je tiens en effet à préciser ces qualificatifs pour différencier les islamistes rétrogrades, fanatiques et dangereux de nombreux autres camps islamistes dont  je ne partage pas du tout les points de vue, la philosophie et les valeurs mais que je tiens à respecter et à accepter tout comme je dois faire avec l'existence de mouvements et courants chrétiens, juifs etc. plus ou moins intégristes ou conservateurs dont je veux combattre les idées sur le terrain de la démocratie. Je pense en effet qu'il existe des mouvances d'islamistes démocrates et tolérants qui ne prônent pas la charia et qui ne sont pas haineux vis à vis des démocrates, des non musulmans et des non croyants venus du monde musulman. Et il faut faciliter leur évolution vers la défense de la démocratie, de la recherche pacifique de solutions aux conflits et à la situation attristante du monde arabo et musulman.

La question palestinienne et la sensibilité des peuples arabes pour la question symbolique et devenue politique de la Palestine, est malheureusement instrumentalisée depuis la création de l'Etat d'Israël par le nationalisme arabe et par les conservateurs musulmans. Elle est fortement instrumentalisée par les mouvements intégristes et terroristes islamiques qui n'ont aucun respect pour l'opinion et l'expérience des palestiniens des territoires et de l'exil.

Actuellement ce sont les israéliens pacifistes et démocrates qui sont les plus importants soutiens des Palestiniens.

C'est sur eux qu'ils peuvent compter et comptent et on l'a vu avec le salon du livre où sont apparus fortement les opinions pro-palestiniennes et démocratiques des démocrates israéliens, écrivains, cinéastes, et autres intellectuels ou simples militants minoritaires certes. Ils dénoncent leur régime, disent ce que vivent et endurent les palestiniens, critiquent très sévèrement leur régime politique. Ils montrent que le régime israélien est dirigé par un clan guerrier qui a fait alliance avec Bush et avec le camp américain conservateur le plus rétrograde, celui qui a engagé la destruction de l'Irak, causé la mort d'un million de gens et de milliers de soldats américains noirs et métisses ou issus de milieux pauvres pour la plupart.

La seule manière de soutenir les Palestiniens est de tenir compte de leur opinion qui ne se résume pas à la victoire électorale du Hamas. Le Hamas qui est une force politique à respecter et à laisser évoluer. Sa victoire et son audience tout comme certainement les positions de nombre de ses militants, sont le fruit du désespoir des Palestiniens résultant de la politique des gouvernements israéliens, laquelle politique soutenue par les gouvernements américains et plus particulièrement par Georges BUSH et ses gouvernements successifs.

Sortir le monde arabe de sa crise et accélérer l’évolution de la pensée des musulmans

Et la question palestinienne est également utilisée par les régimes arabes qui tous sans faute sont coupables de graves crimes, d'abus de pouvoir et de refus de la démocratie. Ces régimes inondent les peuples arabes de propagande qui cultive le désespoir plutôt que la recherche de solutions et l'octroi d'un réel soutien au peuple palestinien et à ses dirigeants. Ces régimes qui tiennent presque tous grâce à l'argent du pétrole, n'ont rien su faire d'autre que confiner les peuples dans l'impasse socio-économique, culturelle et idéologique. Ils alimentent le le désespoir et l’impasse faite de désir d’aller ailleurs ou de se suicider pour cacher leur part de responsabilité et les conduites d'échec qui maintiennent les pays arabes dans des situations d'arriération et d'aliénation.

Il nous faut nous Arabes, penser le monde à partir de ce qu’il est, de ce qui le fait. Le monde arabe ne peut être réduit à l'identité négative proposée par les régimes et les mouvements conservateurs arabes qui la résument à une arabité déconnectée de la réalité et à une religion utilisée de façon haineuse plutôt que de façon cultivée et respectueuse des modes de croyance des réalités sociologiques des musulmans

Tu me diras qu’il y a la responsabilité grave de l’Occident faite de complaisances et de soutiens aux pires politiques israéliennes, faite de culpabilité pour beaucoup et de restes d’esprit de domination colonial, de rationalité politique opportuniste et égoïste au vu des ressources pétrolières, de soutien aux pires des régimes arabes, de défense maladroite, incohérente, instrumentalisée de la démocratie et des libertés dans le monde arabe. Oui cela est vrai mais dans la pire des situations comme dans les autres, il faut prendre ses responsabilités et défendre la voie la plus constructive en fonction de ses possibilités et des ses réalités et non pas en dénonçant, en accusant et menaçant surtout dans une position de faiblesse.

Il nous faut faciliter l’évolution de la pensée sur l’islam parce que l’écrasante majorité des musulmans est pacifique et demandeuse de démocratie, d’ouverture culturelle et sociale. Il nous faut montrer que les solutions de sortie de crise pour le monde arabe se trouvent d ‘abord chez les Arabes, dans leurs ressources, leurs cultures et leurs modernités. Et une clarification de la place de la question palestinienne ne peut être que vertueuse si elle est d’abord construite sur l’écoute de ce que vivent, pensent, et veulent les Palestiniens ;

Pour une union judéo-islamo-arabe pacifiste

La Question palestinienne est essentielle et vitale pour le monde arabe et musulman même s'il faut l'en dissocier afin qu'elle soit rapportée à son caractère politique, celle du droit des Palestiniens à un Etat et à des réparations de l'injustice qui leur est faite depuis 1948. Le soutien aux palestiniens dans leur lutte doit tenir compte des réalités palestiniennes constituées dans les Territoires, en Israël et en exil. Cette réalité impose d'envisager dorénavant cette question dans le cadre d'un accord entre Palestiniens et Israéliens pour une paix juste et durable profitable à tous car le bien être est indivisible.

Il faut que les Juifs et les Israéliens se ressaisissent de l’accident historique très lourd « originé » dans la terrible shoah que certains veulent nier, renversent le courant des choses et fassent triompher la paix vers une démocratie et un bien être partagés avec les Palestiniens et les Arabes.

Cette nécessité est rappelée par la tragique sortie des juifs sépharades du monde arabe auquel leur histoire est liée dans lequel et avec lequel ils ont contribué à la civilisation depuis l’antiquité, en Andalousie et après qu’ils aient été chassés par les Rois catholiques.

Pour cela il est impératif de rassembler dans un même mouvement pacifiste, déterminé, démocratique et tolérant les principales forces concernées par le drame palestinien :

- Les israéliens peuvent s’appuyer sur leur élite pacifiste, intellectuelle, sociale et sur leur histoire pour enlever le monopole du pouvoir au clan politico-militariste qui les gouverne. Car ce groupe sans cesse reproduit, instrumentalise la shoah et participe à la dérive de la situation du Moyen orient. Il manipule les israéliens en pratiquant la politique de colonisation qui arrange des intérêts financiers et leur maintien au pouvoir. Il a fait alliance avec les Bush et autres assassins et irresponsables aussi dogmatiques que les ben Laden, qu’ils prétendent combattre et dont ils partagent les mêmes objectifs de ségrégation, de guerre des religions et de choc des civilisations. Le sionisme connait actuellement des mouvements nouveaux qui veulent renouer avec son esprit du 19èe siècle avant qu’il n’ait été orienté par la shoah. Il peut redevenir une force pour la paix et pour une Palestine moderne et riche de son extraordinaire passé.

- Les démocrates américains ont pour responsabilité de chasser du pouvoir la dynastie assassine et irresponsable des Bush, qui fait la politique des groupes pétroliers texans

- les Européens et l’Europe ont une responsabilité historique (la colonisation et la shoah), politique et un défi historique  à relever à la manière d’Angela MERKEL. Ils doivent  assumer leur responsabilité, être conséquents politiquement vis-à-vis des palestiniens et des Territoires Palestiniens et vis-à-vis d’Israël, pratiquer le langage de vérité vis-à-vis des dirigeants israéliens Et cela est bénéfique à la construction et à l’identification de l’Europe dans le mode actuel de mondialisation.

- Les forces politiques arabes doivent respecter les palestiniens et rompre avec une mauvaise tradition dans laquelle le soutien de principe aux Palestiniens est fait en fonction des idéologies triomphantes qui assurent la gestion des pouvoirs. Cette tradition n’a donné aucun résultat. Elle a alimenté l’impasse et l’absence d’ouverture culturelle nécessaire à une renaissance digne de l’histoire et surtout à la hauteur des espérances des populations qui veulent de l’éducation de qualité, de la santé, de la liberté, de la culture, de la capacité d’organisation et d’entreprise.

Un état palestino-israélien ou israélo-palestinien: pourquoi pas ?

 Je rêve personnellement de la liberté pour les Palestiniens et d’un état multiethnique, multiconfessionnel, multiculturel fait de Palestine et d’Israël.

Il montrera j’en suis sûr, à l’ensemble de la région, le chemin du futur avec un vécu heureux et pacifique du présent car en beaucoup de questions qui se posent au monde arabe et musulman, la réponse se trouve là bas à « Beit el laham »- Betlehem,  Nablous, el Qods Jérusalem, en Galilée, à Tel Habib-Tel Aviv.    

C'est que je crois en beaucoup de traits de la société israélienne comme la montre la filmographie israélienne, la littérature israélienne et celle des « Arabes »  d’Israël. Ce sont les questions de la voie de développement, de l’union entre la culture et l’économie, de l’auto-organisation économique et sociale, de la solidarité, de la création, de la solution au problème de l’eau, à l’énergie solaire et a développement durable, de la relation entre orient et occident, Europe et Afrique Moyen orient.

 Les Palestiniens ont droit et plus que cela, à un Etat. Un Etat en tout cas et si possible dès que possible un seul, Etat démocratique, justes, réparateur, laïque qui permet donc à chacun de vivre sa foi, sa culture librement et sans entraver les autres, c'est pour la seconde moitié du 21ème siècle ou même pourquoi pas si l'on regarde les suites de la chute du mur de Berlin ou la création de l'Etat d'Israël.

La construction d’un Etat palestinien est urgente et nécessaire. Cet Etat sera aussi fait en « peau de léopard ». Ses citoyens iront travailler en immigrés sur leurs anciennes terres devenues israéliennes, et cela ce ne sera pas nécessairement facile, et ce ne sera pas toujours "du joli", avec un mur de la honte qui rend la vie infernale.

La séparation c'est ce que cherchent pour toujours les intégristes juifs et les islamistes intégristes.

Les Palestiniens sont formidables et Israël est un pays très avancé. La coexistence entre juifs et arabes, juifs et musulmans est plus vieille que les Etats actuels. Elle a toutes le s raisons de réussir plus que beaucoup d'autres. Avec la culture et la démocratie qui remplacent la guerre et la religion déformée par les intégristes, c'est la porte ouverte à la civilisation.

A vous de jouer jeunes générations

Ce sont vos générations, vous les jeunes, du monde arabe. Vous avez à dépasser les situations créées par l'histoire, par la domination extérieure mais aussi  par le nationalisme et par des élites aux vues étroites qui alimentent l'oubli de la culture et de la civilisation et font le jeu des adeptes américains du choc des civilisations. Ces élites gouvernantes disent avoir apporté les indépendances dont elles ont oublié les espoirs portés. Elles ignorent certainement au vu de leurs actes, les origines des civilisations et des mélanges féconds entre islam, sociétés et cultures, mélanges fécondateurs d'islamités multiples et diverses.

Débarrassez vous des décombres des décennies coloniales et des pseudos progressismes nationalistes et construisez des voies nouvelles. Vous connaissez tant et vous avez tant envie d'apprendre des expériences constituées et des leçons de l'histoire. Débarrassez-vous des visions immédiates et des slogans ravageurs, des cultures de la haine et du désespoir. Prenez exemple sur ceux qui ont osé penser la construction d'Un Etat à la sortie de la shoah et tenez compte de leur erreur tragique d'avoir laissé dominer  chez les juifs, les esprits étroits intégristes, militaristes remplaçant l'espoir du Kibboutz et de la liberté en situation d'oppression d'un peuple et d'alliance avec les clans américains de l'argent, du pétrole et de la pensée  dogmatique et illuminée devenue assassine et destructrice de l'Irak.

Encouragez les Israéliens à suivre leurs intellectuels, romanciers, cinéastes, à renforcer les militants pacifistes et ceux de l'autoproduction et non pas les fanatiques religieux et dirigeants guerriers.

Espérons et faisons qu’ils se convertissent tous à la construction d’une paix durable allant vers une union palestino-israélienne, la seule qui aujourd’hui, puisse être fécondatrice. Et poussons tous les « frères » arabes et tous les musulmans à se convertir  aussi à une nouvelle approche de la question palestinienne puisqu’elle  leur tient tant à cœur.

Vive la Liberté, vive la paix et l’intelligence, vivent les Palestiniens et la Palestine et avec eux les Israéliens.

Pertuis le 30 mars 2008

 

Par Nadir BOUMAZA - Publié dans : humeur opinions
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Lundi 28 janvier 2008

L’année 2008

Ma tradition est d’écrire mes vœux à partir du premier jour de l’an.

Ceux de cette année seront politiques plutôt que poétiques.

Vous serez donc indulgents envers moi en acceptant un manifeste intellectuel et politique.

Il paraît que Bush veut faire pression sur Israël pour que soit créé un Etat palestinien. Que  peut-on souhaiter de plus aujourd’hui ? Puisque les faucons israéliens et que les lobbies et forces pro-israéliennes dans le monde ont tout en main jusqu’à la manipulation du système politique étatsunien. Cela non pas du fait d’une naturalité et d’une culture de la Judaïté mais principalement parce que l’histoire a construit une telle force, parce que les intérêts du grand capital américain et des forces militaro-financières ont constitué le système politique et social israélien  comme force de maintien de l’ordre pétrolier, politique et culturel. 

Cela est et doit être une leçon pour les Palestiniens, pour leurs amis et pour la masse des israéliens eux-mêmes qui s’ils bénéficient indirectement des destructions, du vol de la terre et de la répression permanente du peuple palestinien sont loin de trouver leur compte et les valeurs de ce que les fondateurs les plus honnêtes  de l’Etat d’Israël voulaient.

Espérons donc en sachant que tous les projets depuis le partage de 48, sont restés à l’état de papier, de promesses, d’illusions.

Espérons pour les Palestiniens surtout et pour tout le monde arabe. Car la situation désastreuse du monde arabe est liée à cela.

Et cet espoir  concerne le monde entier car le terrorisme est le fruit du système américano-sioniste et de ses dominos dont les petits régimes arabes.

Espérons beaucoup d’autres choses, ça ne nous coûtera pas et ça nous aidera à aller vers d’autres objectifs que ceux tordus, qui nous ont été donnés par l’histoire à travers le dévoiement en logiques corporatives, des revendications démocratiques, des luttes sociales pour la justice, la liberté et l’égalité. Nous héritons d’une histoire complexe dans laquelle derrière d’apparentes contradictions, les repères sont dispersés et déformés par les liens d’intérêts entre corps sociaux établis des sociétés occidentales ,  régimes socio-économiques occidentaux et système mondial.

La grave évolution de l’environnement, le primat de la consommation et de la médiatisation dans la définition des cultures contemporaines, le commerce des armes et de la drogue, le drame palestinien, les guerres en Afrique, le terrorisme, l’islamisme obscurantiste constituent des défis que les systèmes revendicatifs corporatifs des sociétés occidentales entretiennent.

A cela, il nous faut opposer la culture et une redéfinition de la politique par la mobilisation locale et une capacité de projet en toute situation plutôt que de faire le jeu du système en alimentant une force politique institutionnelle contre une autre.

A cela opposons un travail de construction ici et là pour faire avancer concrètement la production sociale de solutions et édifier ici et là de petites choses qui feront aussi l’histoire.

Une pensée pour des victimes dont l’ami KHELLADI enseveli avec d’autres sous les décombres de l’attentat contre le PNUD à Alger, une pensée pour de grandes personnes qui nous ont quitté cette année comme Pierre VIDAL NAQUET.

En petit cadeau annxe les vœux des Indigènes de la république qui rappellent 1492.

Meilleurs vœux, plein d’espoir avec vous, pleins d’échanges entre nous pour faire, nous voir, nous enrichir mutuellement de l’amitié et de la créativité dans l’ouverture de pensée et d’humanité.

Nadir

Les vœux indigènes des indigènes de la République

Nous vous souhaitons une excellente année 516 ap. la G.C., LA GRANDE CATASTROPHE.

Notre calendrier indigène commence en effet en 1492 du calendrier chrétien.

1492 : « Découverte du Nouveau Monde » ? Non, instauration d’un nouvel ordre mondial : génocide des Indiens, déportation des Africains et esclavage, colonisation, émergence des rapports sociaux de races.

1492 : Début de la modernité ? Non, moment inaugural du processus de dé-civilisation du monde.

1492 : Démonstration de la supériorité européenne ? Non, moment fondateur d’une puissance économique, technologique, politique et culturelle européenne, grâce à l’or des Amériques ; plus tard, des richesses de l’Afrique, du monde arabe et de l’Asie.

Ce passé est notre présent : Françafrique, impérialisme, colonialisme, sionisme, « guerre des civilisations », fracture raciale…

Les puissants ont imposé au monde une lecture de l’histoire européo et blanco-centrique. Les autres peuples n’auraient pas d’histoire antérieure à leur rencontre avec le monde blanc. Depuis, ils ne seraient que les auxiliaires d’une histoire qui se construit en dehors d’eux.

Nous fêtons aujourd’hui, le premier jour de l’année 516 ap. la G. C., calendrier de l’ère coloniale, parce que la décolonisation passe nécessairement par un renversement radical de la perspective dominante : la lecture de l’histoire est un rapport de force politique.

Alors, bonne année, mais bonne année 516 !

Suites à des commentaires,

Là, ceux d’une collègue et amie marocaine qui pointait les blocages des sociétés musulmanes.

Chère amie et collègue,

 

 

Je ne crois pas que nous puissions être responsables des blocages du monde musulman constitués depuis les hostilités à Ibn Rochd (Averroès) et je crois personnellement que l'Islam malgré ce qu'il a apporté n'est pas ce que l'humanité a apporté de mieux bien au contraire. La question des devenirs des sociétés "sans histoire" ou d'histoire lente est autre et les réponses précises ont été dites par les anthropologues.


Ce qui a été fait avec la conquête de l'Amérique est autre chose et constitue les bases d'une domination qui a perverti le capitalisme européen dont je crois qu'il constitue une série de richesses inestimables associées à des interventions majeures de grandes organisations comme celles de l'église combattue justement par l'ensemble des forces sociales vivantes depuis le Moyen âge. L'église étant autre chose que le christianisme et Jésus étant quelqu'un d'autre que certains « pères de l'église ».



Enfin critiquer une composante de l'occident ne déjuge point ni les sociétés ni les marchands d'esclaves africains, ni les Ibn Toumert et autres fanatiques.
Oui il faut réfléchir aux causes locales de la défaite ou de la dérive coloniale (..). Il faut rappeler hors de l'Algérie ce qui a été fait au Dahomey, etc.
Je ne suis pas du côté de ce que les dirigeants algériens réclament à la France mais je suis pour que la France et l'Europe demandent pardon aux peuples qu'ils ont atrocement dominés. Cela ne peut et ne doit point être une condition. Ce doit être une manière de faire avancer et changer le rapport culturel d'une partie d'occident à la mémoire des  peuples et une manière de repenser l'universalité depuis les apports majeurs de l'occident  (je ne partage en effet pas toutes les positions et encore moins les évolutions des « indigènes de la république »)


Et de toute façon cela ne signifie nullement que les peuples du sud ne doivent pas prendre ce qu'il  y a de plus bénéfique de l'occident sans amertume ni volonté de revanche. Et les idéologies de plus en plus répandues d'anti-occidentalisme développées dans les banlieues occidentales et à Londres sont ce qu'il y a de pire comme aliénation inspirée fortement par des courants islamistes, nationalistes et autres milieux constitués sur le principe de la haine, qui ne proposent rien ni de l’avenir aux jeunes et aux populations issues de l’immigration ni à la France qui peut être encore plus riche de la diversité de son peuplement, ni encore  aux pays dits d’origine qui souhaitent accéder à la démocratie et au bien être.

Janvier 2008



 

Par Nadir BOUMAZA - Publié dans : Actualité
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Mardi 28 août 2007

Patrimoine et urbanisme. Journée d’étude organisée par la délégation  la culture de Rabat

Avril 2002

 

A propos de patrimoine et d’urbanisme : pour une pragmatique

Discours, enjeux et nécessités d’avancer

Nadir BOUMAZA,

Professeur des universités, Directeur du Centre Jacques BERQUE Rabat

 

Qu’il s’agisse de la protection et de la valorisation du patrimoine ou de la définition et de la mise en œuvre de l’urbanisme[1] nécessaire aux situations urbaines, il apparaît de plus en plus urgent et indispensable de trouver les bonnes manières d’avancer dans les pays du Maghreb.

La question du patrimoine apparaît en effet presque partout [2] comme enlisée dans les discours consensuels sur l’importance culturelle et identitaire du patrimoine et dans des démarches de sauvegarde qui ne renversent pas les tendances dominantes de dégradation et surtout de perte des héritages matériels et immatériels comme les savoirs faire. constructifs. Elle impose des démarches visant à renverser les tendances à la dégradation au profit de mouvements d’imposition progressive de processus de protection, de réhabilitation et de restauration, de valorisation et de requalification des constructions et des espaces, de prééminence des choix pensés et construits sur la soumission à la mode et aux produits

La problématique de l’urbanisme est quant à elle plus complexe. Elle se situe dans les pays du Maghreb dans la difficulté à passer de l’urbanisme sectoriel et limité à des composantes et des parties limitées de la ville à un urbanisme ambitieux et volontaire quant à l’orientation des processus, des fonctions et de l’espace urbain dans sa globalité. Cela se traduit en termes de réalisation des plans de l’urbaniste dans le remembrement (A. Chastel) des sols et des constructions ; l’urbanisation nouvelle réussissant par la vitalisation agencée des constructions et des espaces qui les relient ; la ville existante se redéfinissant par la modernisation adéquate qui revalorise les héritages et redistribue les spécialisations des quartiers.

On aura ainsi compris le lien entre patrimoine et urbanisme qui sont souvent l’objet d’une fausse opposition entre protection et modernisation, entre la condamnation de l’urbanisation et son accompagnement. Les discours et les débats qui les concernent contribuent eux mêmes à alimenter cette fausse opposition et renvoient les solutions et les problèmes de l’action à la recherche des responsabilités, à la condamnation de telle ou telle catégorie d’acteurs, telle ou telle composante de la ville

Le patrimoine et l’urbanisme sont en fait organiquement liés et traduisent par ce lien, la culture dominante du cadre local et du contexte. Ils appellent certes pour leur harmonisation, un accord entre les forces et les intérêts qui y sont contenus, ceux des héritiers et celles des entrepreneurs constructeurs mais cet accord appelle lui même un travail d’ajustement mutuel, de recherche des solutions avant même que ne doivent être faits les arbitrages. La méthode générale consiste alors à construire :

-          des règles -le droit et son application-, dont le contenu comme la mise en œuvre peuvent s’appuyer sur la coutume et les pratiques, les statuts et les contrats ;

-          une culture de l’action c’est à dire de la volonté collective d’agir sur le réel, les processus et les pratiques ce qui se traduit en définition des lieux de la décision, en affectation des tâches et responsabilités et en organisation de la régulation par la concertation, la négociation et l’arbitrage ;

-          le débat public permanent sur l’utilité, sur l’économie, sur la nécessité et sur le sens. Ce qui équivaut au déplacement des discours de critique et d’opposition entre gens en débat construit autour des constats et diagnostics, des analyses explicatives et des réponses à apporter aux problèmes.

On se demandera alors si ces objectifs de méthode sont définissables et réalisables dans les conditions politiques, (la question du débat), économiques et administratives ( la question des moyens pour administrer et gérer) techniques (la question des compétences) caractéristiques des pays. Nul doute qu’il est nécessaire alors de savoir si l’un des problèmes majeurs posés à propos de protection et valorisation des patrimoines d’une part, de définition et de mise en œuvre d’un urbanisme raisonné, moderne et créatif d’autre part, n’est pas celui du dépassement des discours et des faux débats – que faut il conserver ? que faut il faire face aux phénomènes urbains ?- au profit de démarches pragmatiques, concrètes progressives :

-          utiliser les compétences des acteurs locaux , les matériaux locaux et les savoirs faire locaux

-          mobiliser face aux situations ; par exemple intervenir immédiatement et simplement face au maisons qui menacent ruine plutôt que multiplier les études répétitives, cartographiques, techniques, etc.

-          regarder, comprendre et intégrer les principes de fonctionnement de la ville plutôt que rechercher des solutions dans des modèles techniciens et des démarches lourdes, coûteuses et décalées pat leur exogeneïté

-          expérimenter, tirer les leçons de l’expérience , la réajuster puis en diffuser les résultats positifs.

 

2-On ne saura bientôt plus au Maroc du moins de façon courante et un peu partout bancher, faire porter sur un linteau traditionnel, construire des voûtes différentes, almohade ou mérénide, élever une construction à la façon traditionnelle, utiliser les pigments naturels et la chaux comme liant et comme protection contre l’usure des temps et les intempéries comme on peut oublier l’urbanisme des placettes, impasses et ruelles en coude, des fontaines et banquettes sur lesquelles on se repose pour avoir marché ou pour deviser et traiter des questions des plus graves d’alliance familiale, de solidarité avec une famille endeuillée, de réparation de l’école coranique etc. On connaît bien les mille et une qualités de la construction traditionnelle non pas façon années tr ente des maisons de médinas les plus hautes mais façon ksour et qasbas, et façon maison à patio du nord ou maison à multiples appartements ou douirate qui s’épaulent l’une l’autre. Et l’on connaît bien les solutions certes faites dans des temps de vitesse plus lente et d’harmonie plus grande entre l’homme et son environnement entre l’individu, la famille, le groupe, la collectivité, l’autorité, l’administration et le pouvoir politique. Ces solutions constituées à des échelles plus petites que celles des métropoles modernes et avec des économies et technologies bien plus limitées, constituent un patrimoine dont l’intérêt ne saurait être considéré uniquement comme une chose à montrer aux touristes. Elles sont valables dans le monde moderne et permettent de penser un urbanisme écologique et démocratique à coût réduit et de façon maîtrisée par les populations. Elles ne sont pas une régression pour notre époque. Bien au contraire, elles permettent de résoudre des problèmes graves de nature économique, sociale, politique et identitaire.

Les solutions simples ne manquent pas en effet. Leur application n’étant pas pour autant aussi simple qu’ile ne paraît à priori. Il est plus efficace en effet d’engager les réparations dans les maisons en apportant une aide en matériaux et un petit pécule éventuellement sans passer cependant par le micro crédit à taux d’intérêt scandaleux pratiqué au niveau international avec des familles pauvres. On sait l’intérêt des ânes pour la circulation et le transport des marchandises en médina comme l’on sait adapter les véhicules modernes et motorisés et aménager des plans d’accès et de circulation sans passer par ce qu’il ne faut absolument pas faire, à savoir éventrer, ouvrir des voies aux voitures sous prétexte d’accessibilité et de revendication des populations. On sait l’importance de la formation aux métiers traditionnels et son intérêt lorsqu’elle est intégrée aux opérations de sauvegarde plutôt qu’à des dispositifs internationaux complexes et lourds qui ignorent la langue concrète de la communication et de l’échange in situ. On sait combien il est possible de penser et de mettre en livret, en charte et en usage les règles d’un urbanisme raisonné c’est  dire à portée des populations et des pays. Celui ci n’est pas contradictoire des constructions modernes les plus sophistiquées et des ambitions de faire des villes du 21ème siècle. La question se pose plutôt en termes de combinaison des échelles et des technologies, des positions sociales et économiques et des systèmes de référence. Les médinas peuvent très bien continuer d’abriter leurs populations plutôt que de se vider sous l’effet conjugué des processus et de l’inefficacité des procédures et méthodes des organismes. Elles constituent des espaces idéals pour la vie résidentielle qui mixe les classes populaires et les classes moyennes et supérieures amoureuses des vieilles pierres et de la circulation à pied, à quelques minutes des parkings, des stations de tram ou des taxis collectifs. Les bidonvilles constitués sur des sites aménageables et constructibles sans risques importants contiennent des ressources infinies et peuvent évoluer par l’introduction des techniques traditionnelles, l’accompagnement d’architectes qui connaissent les ressources des architectures sans architectes. Les programmes de logement pour le plus grand nombre peuvent être conçus et réalisés sans que ne soient dépensées des sommes faramineuses pour aboutir à la production de nouveaux Sarcelles tout comme ce qui a été réalisé à Sala El Jadida peut évoluer très positivement dès lors que l’on introduit la souplesse dans la réglementation et l’aménagement en concertation, appuyé sur les autorités locales qui ne demandent qu’à être valorisées et légitimées.

Des problèmes politiques pourraient alors être traités de façon douce et constructive entre les institutions et forces existantes constitutives de l’ordre et les organisations de base et locales dans lesquelles se mobilisent des forces plus diverses qu’il ne paraît. Car en ce domaine des mobilisations sociales, culturelles et politiques, les terrains, les projets et l’espoir peuvent être investis par les coalescences de d’acteurs ; décideurs et administrateurs, architectes, ingénieurs et développeurs, techniciens, agents et ouvriers, producteurs, entrepreneurs et usagers, etc.

Les communautés locales et familiales sont en mesure au Maroc de régler des problèmes de voisinage, de copropriété, de droit d’usage, de mitoyenneté et de passage de réseaux dès lors que certaines obstacles et difficultés sont traités non pas au sein des organismes techniques ou dans des assemblées aux ordres du jour chargés ou encore dans l’attente de quelque crédit international. Les problèmes techniques de gestion foncière, de construction, d’ordonnancement et d’épannelage, de vis à vis et de répartition, de circulation et de hiérarchisation d’espaces, de diversification des fonctions, de gestion et d’animation urbaine sont solubles dans la combinaison simple et discutée de solutions techniques traditionnelles appuyées sur les technologies et moyens modernes que les populations savent bien approprier lorsque cela est nécessaire. Et tout le monde sait qui s’arrête pour réfléchir en se laissant charmer par l’ambiance d’une courette ou d’une impasse recouverte d’une treille de vigne, égayée par les bruits des enfants, combien sont compatibles les ordres traditionnels et modernes, en matière d’éducation, de formation, de hiérarchie dans le travail, de gestion et de gouvernance, d’autorité et de concertation, d’appui sur soi et d’ouverture au monde.

Car les grands fleuves sont alimentés par les ruisseaux et les rivières. Car il va de soi qu’un élu ne demande qu’à être réélu et qu’il faut l’y aider s’il accepte de jouer le jeu, car il va de soi que l’autorité doit s’exercer et ne demande pas mieux que de voir se régler les problèmes et contentieux à l’amiable et par la mobilisation locale des ressources locales et extérieures, car le maallem, le tâcheron et l’artisan ont besoin d’être accompagnés aujourd’hui par l’architecte et l’ingénieur, car les ressources habitantes sont non seulement plus précieuses que les gros crédits non dépensés mais surtout aussi susceptibles de permettre une bien meilleure utilisation des moyens externes la question principale étant de savoir ce qui est voulu et ce qui est choisi en matière de patrimoine comme en matière d’urbanisme., les chantiers de l’action pouvant être les meilleurs lieux de la réflexion.



[1] Citons André Chastel qui définit l’urbanisme en ce qu’il « prend la ville comme un tout ».

[2] Une petite exception peut être faite pour la médina de Tunis dont la sauvegarde et la valorisation semblent modifier les processus et accompagner la baisse de population génératrice de dédensification.

Par Nadir BOUMAZA - Publié dans : Urbanisme
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